Le 19 juin 2026, j’ai déposé au Grand Conseil neuchâtelois l’interpellation 26.141 intitulée « Jours joker à l’école obligatoire : davantage de confiance envers les familles ? »
L’idée est simple : savoir si notre canton pourrait s’inspirer de ce qui existe déjà ailleurs, notamment à Fribourg ou en Valais, en permettant aux parents de disposer d’un nombre très limité de demi-journées ou journées de congé pour leurs enfants, sans devoir fournir une justification détaillée.
Il ne s’agit évidemment pas de transformer l’école obligatoire en école à la carte. L’école doit rester obligatoire, le suivi des élèves doit rester sérieux et certaines périodes — examens, camps, sorties scolaires importantes ou premiers jours de rentrée — doivent pouvoir être exclues d’un tel dispositif.
Mais entre l’absence injustifiée et le dossier de plaidoirie familiale pour obtenir une demi-journée de congé, il y a sans doute une voie plus simple.
Aujourd’hui, les pratiques peuvent varier selon les cercles scolaires, les établissements ou les directions. Cela peut créer un sentiment d’inégalité de traitement. Cela peut aussi pousser certains parents à chercher le “bon” motif, celui qui passera mieux, plutôt que d’expliquer simplement la réalité de leur situation.
Ce n’est bon ni pour l’école, ni pour les familles, ni pour la confiance entre les deux.
Quelques jours joker, clairement encadrés, non reportables et annoncés à l’avance, permettraient au contraire de poser une règle simple : chaque famille dispose d’une petite marge de souplesse, elle l’utilise de manière responsable, et elle assume le suivi du travail manqué.
Cette souplesse peut aussi avoir une vraie importance pour le budget des familles. Pouvoir anticiper — et non prolonger — un départ d’une demi-journée ou d’une journée peut parfois faire une différence sensible sur le prix d’un billet de train, d’avion ou d’un hébergement. Pour les familles de la classe moyenne, pour celles dont une partie des proches vit à l’étranger, ou simplement pour celles qui doivent jongler entre école, travail et organisation familiale, ce n’est pas un détail.
On parle ici de quelques jours dans toute une année scolaire. Pas d’un blanc-seing. Pas d’un droit à l’absentéisme. Juste d’un peu de confiance, dans un cadre clair.
Mon objectif est donc d’obtenir une vision du Conseil d’État : existe-t-il déjà une vue d’ensemble des pratiques actuelles ? Les différences entre cercles scolaires sont-elles importantes ? Faut-il harmoniser les règles ? Et quelles seraient les conséquences pédagogiques et organisationnelles d’un tel système ?
La politique doit aussi servir à cela : identifier les petites rigidités du quotidien et voir si l’on peut les remplacer par des règles plus simples, plus transparentes et plus justes.
Faire confiance aux familles, ce n’est pas affaiblir l’école. C’est renforcer le lien entre l’école et les parents.
L’interpellation complète peut être consultée ici : Interpellation 26.141 – Jours joker à l’école obligatoire


